Lundi 19 janvier 2026, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a confirmé l’exil de l’opposant, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, Seth Kikuni, désormais installé en lieu sûr à l’étranger.

Selon cette plateforme de l’opposition, le départ de Seth Kikuni s’est fait au terme d’une opération discrète et hautement sécurisée, rendue nécessaire par l’intensification des menaces pesant sur sa liberté et sa sécurité. Pour ses proches, il ne s’agit ni d’un choix ni d’un hasard, mais bien d’un acte de survie face à un pouvoir de plus en plus hostile à toute voix dissidente.

L’opposition pointe notamment une lettre datée du 15 décembre 2025, attribuée à l’Auditeur général près la Haute Cour militaire et adressée au Procureur général. Ce document, selon le Cadre de concertation, préparait le terrain à une nouvelle procédure judiciaire arbitraire, à caractère éminemment politique, visant à museler une fois de plus Seth Kikuni.

Dans son communiqué, la plateforme remercie les personnes et organisations qui ont contribué à cette sortie du territoire, qualifiée de délicate dans un contexte de répression accrue, de pressions politiques et de violations répétées des libertés fondamentales. Seth Kikuni a annoncé qu’il prendra prochainement la parole pour exposer les circonstances exactes de cet exil forcé.


Un harcèlement judiciaire systématique contre une opposition dérangeante

Le départ de Seth Kikuni s’inscrit dans une longue série de persécutions judiciaires. En mars 2025, il n’a recouvré la liberté qu’après avoir passé six mois à la prison de Makala. En septembre 2024, il avait déjà été condamné à un an de prison pour des accusations largement dénoncées comme infondées : incitation à la désobéissance civile et propagation de faux bruits.

Depuis lors, l’acharnement ne s’est jamais interrompu. En octobre 2025, à son retour de Nairobi, il a été interpellé à l’aéroport international de Ndjili par des agents se réclamant de l’ANR. La Direction générale de migration lui a confisqué son passeport, sans jamais le lui restituer, l’assignant de fait à une restriction illégale de mouvement.

Malgré l’exil, Seth Kikuni demeure politiquement actif. Dès ce lundi, il a vivement critiqué la participation de Félix Tshisekedi au Forum économique mondial de Davos, estimant que ce déplacement international contraste douloureusement avec les urgences sociales, économiques et sécuritaires que traverse la République démocratique du Congo.

Son exil relance ainsi un débat central : quel espace reste-t-il pour l’opposition dans un pays où la contestation politique conduit à la prison, au harcèlement ou à l’exil ? Pour de nombreux observateurs, le cas Seth Kikuni est devenu un symbole inquiétant de l’état des libertés publiques et du recul démocratique en RDC.

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