Le Mouvement Sauvons la RDC est monté au créneau après les bombardements survenus le vendredi 8 mai à Mushaki, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Dans un communiqué au ton particulièrement sévère publié le 12 mai 2026, le mouvement d’opposition accuse ouvertement le pouvoir de Kinshasa d’avoir ciblé des populations civiles à l’aide de drones militaires, qualifiant ces frappes de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité ».

Selon le mouvement, les frappes aériennes ayant touché la cité de Mushaki ont causé la mort de plusieurs civils et fait de nombreux blessés parmi une population « sans défense ». L’organisation dénonce ce qu’elle considère comme « un acte de couardise » plutôt qu’une démonstration de puissance militaire.

« Le pouvoir de Kinshasa, croyant démontrer la montée en puissance de ses forces armées, a tristement fait bombarder des populations civiles sans défense », affirme le communiqué.

Le mouvement estime que ces bombardements s’inscrivent dans une stratégie devenue « systématique », accusant les forces gouvernementales de viser délibérément des zones habitées, y compris des villages et des marchés, avec pour conséquence des pertes humaines massives parmi les civils.

Dans sa déclaration, le Mouvement Sauvons la RDC réclame l’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante afin d’établir les responsabilités dans les frappes ayant frappé Mushaki ainsi que d’autres localités de l’Est du pays depuis plus d’un an.

Le mouvement affirme également avoir, à plusieurs reprises, dénoncé les bombardements ayant détruit des infrastructures civiles dans plusieurs zones de conflit, notamment à Minembwe, dans le Masisi et autour de Kalehe. Il cite des destructions de ponts, d’écoles, d’hôpitaux et d’habitations civiles.

Autre fait relevé par l’organisation : la condamnation du bombardement de Mushaki par le gouvernement américain et par la MONUSCO. Une prise de position saluée, mais jugée insuffisante.

Le mouvement reproche notamment à la communauté internationale de ne pas avoir explicitement qualifié ces frappes de « crimes de guerre » ni désigné clairement le régime de Kinshasa comme responsable.

Le texte critique également l’attitude des Nations Unies et des partenaires internationaux face aux violences qui touchent plusieurs provinces congolaises sous contrôle gouvernemental, notamment la Tshopo, le Tanganyika, le Kwango, le Maï-Ndombe, l’Ituri ou encore le Nord-Kivu.

Pour le mouvement, il est « inacceptable » qu’un gouvernement incapable de protéger les populations contre les groupes armés et milices locales puisse, selon lui, « s’adonner au massacre de populations civiles » dans d’autres zones du pays à l’aide de drones et d’avions de chasse.

Le Mouvement Sauvons la RDC appelle finalement la communauté internationale à « rappeler au pouvoir en place que la responsabilité d’un gouvernement est de protéger sa population, pas de l’exterminer », tout en exigeant « l’arrêt immédiat et sans condition des bombardements contre les populations civiles ».

Sauvons la RDC